Des objets patrimoniaux connectés...

Les objets connectés ne sont pas que pour les joggers, ou les insulino-dépendants....

En mettant à disposition des visiteurs des répliques d'objets patrimoniaux connectés et équipés de capteurs de mouvement, il devient possible de redécouvrir les gestes d'autrefois.

Avec l'appui des Musées, cette démarche expérimentale ferait aussi franchir une étape nouvelle à l'Archéologie expérimentale.

Pourquoi et comment faire entrer le public dans la boucle...

Lire l'introduction aux objets connectés (IoT)

Principe de l'objet patrimonial connecté

En considérant le cas d'école d'une hache instrumentée, sujet d'étude connu de l'archéologie expérimentale, cet objet comprendrait les sous-ensembles suivants :

  • L'objet embarquerait des capteurs de mouvement, connectés par liaison radio à un ordinateur chargé de collecter les données de mouvement lors d'une session expérimentale visiteur a qui il serait proposé un objectif : "retrouver les gestes d'autrefois avec l'objet"
  • Les données collectées seraient comparées à un Modèle numérique mis au point avec des historiens, des spécialistes de l'archéologie expérimentale. Ces professionnels auront organisé une mise en scène des gestes les plus probables avec l'objet, en rapport avec les usages anciens, de manière à faire apprendre au modèle le comportement déclaré comme "Modèle de référence".
  • Il pourrait alors être possible de proposer au visiteur, soit un bilan à la fin de la session, soit une comparaison graphique en temps réel de la trajectoire de l'objet versus la trajectoire attendue par le modèle.
  • Il n'est peut-être pas faux de penser que l'apport de données issues de milliers de sessions de gestes par les visiteurs du Musée contribuerait à affiner notre connaissance des usages anciens. Le visiteur entrerait alors dans boucle de l'Archéologie expérimentale.

Quelles technologies pour un objet connecté Muséal ?

Cette innovation est à portée de main, car les briques technologiques existent dans l'industrie. Effet, les composants suivants existent, et font partie d'une vague de nouveautés stimulées par des marchés porteurs :

  • Les capteurs de mouvement MEM's sont intégrés dans les téléphones portables, dans capteurs connectés pour l'industrie, le bâtiment intelligent, la domotique, la santé,...etc
  • Les transmissions radio se sont développées avec l'usage des mobiles. Le réseau personnel Bluetooth dernière version, utilisé entre le mobile et l'objet connecté pour le sport et la santé devrait suffire pour transmettre les données de capture en temps réel. Ce réseau, en raison de sa faible portée est très économe en énergie.
  • Le développement des systèmes experts (IA, Intelligence Artificielle) adaptés au suivi du comportement des équipements de productique pour anticiper la maintenance, offre maintenant des outils et une expertise industrielle pour créer le modèle. Les laboratoires de recherche continuent à travailler sur ce sujet.
  • Les recherches et développements en robotique collaborative permettront de profiter d'un savoir faire dans le domaine de l'apprentissage des gestes pour le modèle, en collaboration avec  les archéologues et les historiens.
  • Le savoir faire de la RMN (Réunion des Musées Nationaux) et des entreprises développant et réalisant des maquettes rapides au moyen d'imprimantes 3D permettra de réaliser une réplique d'objet patrimonial de même densité et de couleur que l'original, tout en embarquant de manière invisible l'électronique.
  • Les batteries ne cessent de faire des progrès en densité d'énergie par rapport au volume et au poids. Il serait même possible de prévoir un rechargement par induction sans contact pour que l'objet présente un aspect 100% identique à l'original.

Quel environnement propice à cette innovation ?

Comme on vient de le voir, le projet assemble des briques technologiques existantes et robustes, déjà utilisées dans d'autres domaines industriels.

Mais cela ne suffira pas pour en faire un faire un succès utile à la médiation dans les Musées. Je suggère que le projet soit piloté par un Musée, et soit monté en partenariat avec des industriels, bien sûr, mais aussi avec des laboratoires de recherche pour les aspects plus pointus de l'apprentissage robotique et de l'Intelligence Artificielle.

L'environnement Grenoblois, et plus largement Auvergne-Rhône-Alpes, est propice à ce type de coopération pluridisciplinaire de par la forte imbrication entre recherche et industrie. L'Université Grenoble-Alpes (UGA) est dotée de structures de transfert de recherches vers l'industrie comme Floralis. Le CEA Minalogic offre également un environnement dynamique pour le transfert de technologies en direction des PME innovantes.

Enfin, toutes ces structures ont l'expérience de montage de projets partenariaux qui peuvent être proposé en réponse aux appels d'offre nationaux ou européens.

Crédits photos de l'Archeologie expérimentale : Thorvald Aventuresur Wikipedia