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Les Objets Connectés des Musées

mercredi 20 mai 2015, par Christian Perrot

Qu’est-ce que l’Internet des objets - IoT

Wikipedia donne la définition suivante de l’IoT (Internet Of Things)

L’Internet des objets représente l’extension d’Internet à des choses et à des lieux du monde physique. Alors qu’Internet ne se prolonge habituellement pas au-delà du monde électronique, l’internet des objets (IdO, ou IoT pour Internet of Things en anglais) représente les échanges d’informations et de données provenant de dispositifs présents dans le monde réel vers le réseau Internet.

En quoi cela intéresse-t-il les Musées

Le fond patrimonial de la plupart des Musées est constitué d’objets. Les moyens techniques actuels permettent de réaliser des répliques d’objets patrimoniaux de petite taille présentant la même couleur, le même poids, le même toucher, que l’original (voir les reproductions de la RMN ou les imprimantes 3D).

Or il se trouve, qu’en équipant ces objets de puces électroniques, les Musées ont maintenant la possibilité de rendre ces répliques patrimoniales "intelligentes" en les dotant de capacités de communications avec la galaxie numérique du visiteur et du Musée.

Ces objets peuvent se présenter sous la forme de bijoux, d’équivalents de la carte des "Amis du Musée", de "baguette magique", de casquette, de foulard, de montre, de réplique virtuelle 3D dans un portable, etc...

Ces objets "intelligents" deviendront toutes sortes de "Talismans magiques" permettant de :
- Personnaliser le contenu les bornes interactives en fonction du profil du visiteur (Langue, goûts, centres d’intérêt à la demande du visiteur)
- De transférer des informations de médiation dans l’espace privé du visiteur sur Internet (contenu des bornes, informations sur les œuvres, etc...)
- De réaliser des scénographies réactives tenant compte du nombre et du profil des visiteurs présents
- De personnaliser des ambiances
- D’enregistrer des traces de comportement des visiteurs en relation avec la consultation des dispositifs de médiation
- D’acheter des objets à la boutique

Ces objets "intelligents" offrent donc une réelle opportunité pour la billetterie et les boutiques des Musées.

Comment créer des objets intelligents

L’Internet des Objets fait majoritairement référence à des objets actifs, c’est à dire embarquant de l’énergie dans des piles ou des batteries. Cet apport d’énergie n’est pas sans poser des problèmes d’exploitation pour les établissements culturels.

Par contre, en utilisant la technologie RFID, association d’une puce électronique et d’une petite antenne, le dispositif est capable ce communiquer avec un lecteur-encodeur lui apportant l’énergie nécessaire à son fonctionnement. Le "tag RFID" associé avec son lecteur-encodeur peut donc communiquer avec le système d’information du Musée, et au delà avec l’Internet. Il est capable de mémoriser son histoire, d’autoriser le déclenchement d’actions, et de transporter de l’information en mobilité.

En dehors du champ du lecteur-encodeur, le "tag RFID" redevient passif et ne consomme plus d’énergie, ce qui est appréciable en termes de protection de l’environnement car il requiert ni pile ni accumulateur.

Les "tags RFID" ont toutes les qualités nécessaires pour rendre des d’objets "intelligents" :
- Ils embarquent de l’information
- L’information peut être modifiée
- L’interaction est invisible
- L’interaction fonctionne en plein soleil, sous la pluie, à travers toute surface non métallique
- Ils ne nécessitent aucune pile, car l’énergie est fournie par le lecteur
- Ils peuvent être noyées dans l’objet
- Ils peuvent être collés sur des objets métalliques en respectant une certaine distance
- La technologie est robuste, utilisée par le monde industriel depuis de nombreuses années, et compte de nombreux fournisseurs compétents

Vers l’Internet des Objets Patrimoniaux

C’est par le moyen d’un lecteur que l’objet va communiquer avec le monde de l’Internet. Plusieurs types de lecteurs et de technologie sont utilisables selon la distance d’interaction nécessaire :
- Pour une interaction au quasi contact on utilisera un lecteur HF à 13,56MHz et des "tags" de 10mm à quelques centimètres
- Pour une interaction jusqu’à 10m on utilisera un lecteur UHF à 860MHz et des "tags" de forme allongée de largeur de 3mm à 10mm, pour une longueur de 5 à 10cm

Le plus grand nombre possible de lecteurs-encodeurs, ou de bornes interactives munies de ces derniers, devront être reliés au système d’information du Musée, et au delà à l’Internet.